La prise de sang pour doser la parathormone (PTH) évalue l’équilibre entre calcium, phosphore et santé osseuse. Cet examen détecte les troubles hormonaux des glandes parathyroïdes, souvent responsables d’anomalies du calcium découvertes sur un bilan sanguin standard. Lorsque votre taux de PTH est hors normes, il faut le croiser avec le calcium, le phosphore et la vitamine D pour comprendre ce qui se passe réellement. Lire vos résultats devient simple une fois que vous connaissez la logique de ce trio biologique. Voici tout ce qu’il faut savoir pour interpréter votre dosage et savoir quand s’inquiéter.
Parathormone et prise de sang pour le calcium osseux

La parathormone, aussi appelée PTH, est sécrétée par quatre petites glandes situées derrière la thyroïde. Son rôle est de maintenir un taux de calcium stable dans le sang, indispensable au bon fonctionnement des muscles, du cœur et du système nerveux. Lorsque le calcium descend trop bas, la PTH augmente pour libérer du calcium depuis les os, réabsorber davantage de calcium au niveau des reins et activer la vitamine D.
Le dosage sanguin de la PTH s’inscrit rarement seul dans une ordonnance. Il accompagne généralement le dosage du calcium, du phosphore et parfois celui de la vitamine D. Cette combinaison donne une vision d’ensemble du métabolisme minéral et oriente vers des maladies osseuses, rénales ou parathyroïdiennes. Sans ce contexte biologique complet, interpréter la PTH isolément serait trompeur.
À quoi sert une prise de sang de la parathormone dans un bilan sanguin complet
Le dosage de la PTH permet d’évaluer l’activité des glandes parathyroïdes et de comprendre pourquoi le calcium est anormal. Face à une hypercalcémie (calcium trop élevé), le médecin cherche à savoir si les parathyroïdes en sont la cause ou si un autre mécanisme est en jeu. À l’inverse, si le calcium est trop bas, la PTH aide à distinguer un problème parathyroïdien d’une simple carence en vitamine D.
Cet examen oriente vers des diagnostics précis comme l’hyperparathyroïdisme primaire, l’hypoparathyroïdisme ou encore l’hyperparathyroïdisme secondaire lié à une insuffisance rénale chronique. Il est également utile dans le suivi des patients opérés des parathyroïdes ou traités pour ostéoporose sévère.
Quand votre médecin prescrit un dosage de parathormone et de calcium
Plusieurs situations cliniques justifient ce dosage. Des calculs rénaux à répétition peuvent révéler un excès de calcium lié à une PTH trop haute. Des symptômes comme fatigue intense, crampes musculaires, fourmillements ou douleurs osseuses inexpliquées orientent également vers une exploration parathyroïdienne.
Lors d’un bilan sanguin de routine, la découverte fortuite d’un calcium anormal motive souvent la prescription de PTH. Chez les personnes atteintes d’insuffisance rénale, ce dosage devient un marqueur de suivi régulier, car les reins malades perturbent tout l’équilibre calcium-phosphore-PTH. Enfin, après une chirurgie cervicale touchant les parathyroïdes, surveiller la PTH permet de détecter une éventuelle défaillance précoce.
Parathormone, vitamine D et phosphore : un trio étroitement surveillé
Le corps ajuste en permanence ces trois acteurs pour maintenir un calcium stable. La vitamine D, fabriquée sous l’effet du soleil ou apportée par l’alimentation, augmente l’absorption du calcium dans l’intestin. Si elle manque, la PTH grimpe pour compenser et aller chercher du calcium ailleurs, souvent dans les os.
Le phosphore, lui, évolue en sens inverse du calcium sous l’effet de la PTH. Une PTH élevée fait baisser le phosphore sanguin en augmentant son élimination urinaire. Chez les patients insuffisants rénaux, le phosphore s’accumule et stimule encore plus la sécrétion de PTH, créant un cercle vicieux difficile à rompre. C’est pourquoi votre médecin analyse toujours ces trois paramètres ensemble, jamais isolément.
| Paramètre | Effet d’une PTH élevée |
|---|---|
| Calcium sanguin | Augmente |
| Phosphore sanguin | Diminue |
| Vitamine D active | Augmente (stimulation) |
| Calcium osseux | Diminue (libération) |
Comment se déroule un dosage de la parathormone en pratique
La prise de sang pour la PTH ressemble à n’importe quel prélèvement veineux standard, mais quelques détails techniques comptent pour garantir des résultats fiables. L’hormone parathormone est sensible à la température et au délai d’analyse, ce qui explique certaines contraintes spécifiques au laboratoire.
Faut-il être à jeun pour une prise de sang de parathormone
Dans la majorité des cas, le dosage de la PTH est réalisé à jeun, souvent le matin. Ce jeûne, généralement de 8 à 12 heures, évite les variations liées aux repas et permet de doser en même temps le calcium, le phosphore et d’autres paramètres du bilan sanguin. Certains laboratoires tolèrent un prélèvement non à jeun si seule la PTH est demandée, mais mieux vaut vérifier avant.
Votre ordonnance ou le laboratoire préciseront les consignes exactes. Vous pouvez boire de l’eau, mais évitez café, thé, jus de fruits ou tout aliment avant le prélèvement. Respecter ces conditions garantit des résultats exploitables et évite de devoir refaire la prise de sang.
Déroulé du prélèvement, conditions de transport et conservation de l’échantillon
Le prélèvement se fait au pli du coude, comme pour une analyse standard. L’infirmière ou le technicien prélève un ou plusieurs tubes, selon les autres dosages associés. La procédure dure quelques minutes et provoque rarement plus qu’une légère gêne passagère.
La parathormone étant une hormone fragile, le tube doit souvent être refroidi rapidement après prélèvement. Certains laboratoires placent immédiatement l’échantillon dans la glace ou le centrifugent puis le congèlent avant analyse. Ces contraintes techniques expliquent pourquoi tous les laboratoires de ville ne proposent pas ce dosage. Si votre laboratoire habituel ne le réalise pas, il vous orientera vers un site équipé.
Médicaments, grossesse, insuffisance rénale : éléments pouvant influencer la PTH
Plusieurs facteurs modifient le taux de PTH et doivent être signalés au médecin et au laboratoire. Les suppléments de vitamine D, le lithium (utilisé dans certains troubles psychiatriques), les diurétiques thiazidiques ou encore les traitements contre l’ostéoporose peuvent tous influer sur les résultats.
Pendant la grossesse et l’allaitement, les besoins en calcium augmentent et la PTH s’adapte. Chez les patients atteints d’insuffisance rénale chronique, la PTH est souvent élevée et ne traduit pas nécessairement un problème des glandes parathyroïdes elles-mêmes, mais une réaction du corps face à un déséquilibre minéral plus large. Ne pas mentionner ces éléments risque de fausser l’interprétation et de retarder le bon diagnostic.
Normes, résultats élevés ou bas : comprendre votre taux de parathormone

Les valeurs de référence de la PTH varient légèrement selon la technique utilisée par le laboratoire. En général, le taux normal se situe entre 15 et 65 pg/mL (ou environ 1,6 à 6,9 pmol/L selon les unités). Ces chiffres sont donnés à titre indicatif : votre feuille de résultats mentionne toujours les normes du laboratoire qui a réalisé l’analyse.
L’essentiel n’est pas tant de savoir si votre taux est « dans les clous », mais de comprendre comment il se positionne par rapport à votre calcium et à votre phosphore. Un même taux de PTH peut être normal, trop bas ou trop élevé selon le contexte biologique.
Quels sont les taux « normaux » de parathormone sur une prise de sang
Les normes dépendent du laboratoire et de la méthode de dosage (immunodosage de première, deuxième ou troisième génération). Certains laboratoires affichent une fourchette plus large, d’autres plus étroite. Ce qui compte vraiment, c’est l’interprétation médicale croisée avec le reste du bilan.
Si votre PTH est à 50 pg/mL avec un calcium normal et une vitamine D correcte, tout va bien. Mais si elle est à 50 pg/mL avec un calcium élevé, cela peut évoquer un hyperparathyroïdisme naissant. À l’inverse, une PTH « normale » associée à une hypercalcémie peut traduire une tumeur maligne ou une intoxication à la vitamine D, où la PTH devrait être freinée. Vous voyez, un chiffre isolé ne dit rien sans son contexte.
Parathormone élevée et hypercalcémie : quelles maladies suspecter dans ce cas
Lorsque la PTH est élevée et le calcium trop haut, le diagnostic le plus fréquent est l’hyperparathyroïdisme primaire. Une ou plusieurs glandes parathyroïdes deviennent hyperactives, souvent à cause d’un adénome bénin, et sécrètent trop d’hormone. Cette situation provoque fatigue, calculs rénaux, douleurs osseuses, voire ostéoporose à long terme.
D’autres causes existent. Une carence sévère et prolongée en vitamine D peut paradoxalement élever la PTH tout en maintenant le calcium dans une zone haute ou limite, surtout si le patient prend des suppléments de calcium. Certains médicaments comme le lithium favorisent aussi une PTH élevée. Enfin, l’insuffisance rénale provoque un hyperparathyroïdisme dit secondaire, où la PTH grimpe pour compenser un calcium bas et un phosphore élevé.
Le médecin confirme le diagnostic par une échographie cervicale, une scintigraphie des parathyroïdes (scintigraphie au MIBI) et d’autres dosages biologiques. Dans certains cas, une intervention chirurgicale pour retirer la glande hyperactive suffit à résoudre le problème.
Parathormone basse avec hypocalcémie : quelles conséquences concrètes pour vous
Une PTH basse associée à un calcium trop bas évoque un hypoparathyroïdisme. Les glandes parathyroïdes ne produisent pas assez d’hormone, souvent après une chirurgie de la thyroïde ou des parathyroïdes, ou dans des maladies auto-immunes. Sans PTH suffisante, le calcium chute et provoque fourmillements au bout des doigts, crampes musculaires, spasmes (appelés tétanie) et parfois convulsions dans les formes sévères.
Le traitement repose sur des suppléments de calcium et de vitamine D active (calcitriol), parfois à doses élevées. La surveillance est rigoureuse, car un excès de calcium peut entraîner des calculs rénaux. Dans certains pays, une hormone de synthèse imitant la PTH est disponible pour remplacer l’hormone manquante, offrant une alternative plus physiologique.
| Situation biologique | PTH | Calcium | Cause fréquente |
|---|---|---|---|
| Hyperparathyroïdisme primaire | Élevée | Élevé | Adénome parathyroïdien |
| Hyperparathyroïdisme secondaire | Élevée | Bas ou normal | Insuffisance rénale, carence vitamine D |
| Hypoparathyroïdisme | Basse | Bas | Chirurgie, maladie auto-immune |
| Hypercalcémie maligne | Basse ou normale | Élevé | Cancer (PTHrP) |
Et après le résultat : suivi, traitements et questions à poser au médecin
Recevoir un résultat hors normes ne signifie pas automatiquement maladie grave. Beaucoup de variations sont liées à des carences simples à corriger ou à des adaptations physiologiques temporaires. L’important est de poser les bonnes questions à votre médecin et de comprendre la suite du parcours.
Que demander à votre médecin si votre parathormone est hors normes
Commencez par demander comment votre PTH se situe par rapport aux normes du laboratoire et surtout par rapport à votre calcium, phosphore et vitamine D. Interrogez aussi sur la cause suspectée : s’agit-il d’une carence, d’un problème de glandes parathyroïdes, ou d’une conséquence d’une maladie rénale ou osseuse ?
Renseignez-vous sur les examens complémentaires prévus et leur calendrier. Demandez si votre traitement actuel doit être ajusté, si un régime alimentaire particulier est recommandé, et quels symptômes doivent vous alerter entre deux consultations. Enfin, clarifiez la fréquence de surveillance : certains cas nécessitent un contrôle rapproché, d’autres un suivi espacé sur plusieurs mois.
Examens complémentaires possibles : imagerie, bilan osseux et surveillance biologique
Selon le contexte, votre médecin peut demander une échographie cervicale pour visualiser les glandes parathyroïdes et détecter un adénome. Une scintigraphie spécialisée (scintigraphie au MIBI ou au Sestamibi) localise précisément la glande hyperactive avant chirurgie éventuelle.
Une densitométrie osseuse (ostéodensitométrie) évalue l’état de vos os et détecte une éventuelle ostéoporose secondaire à un hyperparathyroïdisme. Des analyses urinaires, notamment le dosage du calcium urinaire, aident à comprendre comment vos reins gèrent le calcium. Enfin, des bilans sanguins répétés à quelques semaines ou mois d’intervalle permettent de suivre l’évolution et d’adapter le traitement.
Mode de vie, apport en calcium et rôle de la vitamine D au long cours
Un apport alimentaire équilibré en calcium (produits laitiers, eaux riches en calcium, légumes verts, sardines) soutient votre métabolisme minéral. Attention toutefois à ne pas forcer sur les suppléments sans avis médical, surtout si votre PTH est déjà élevée : un excès de calcium pourrait aggraver la situation.
La vitamine D joue un rôle central. Une carence doit être corrigée par supplémentation, mais toujours sous contrôle biologique pour éviter un surdosage. Une exposition régulière au soleil (15 à 20 minutes par jour sur les avant-bras et le visage, en dehors des heures de fort ensoleillement) aide à maintenir des niveaux corrects.
Enfin, l’activité physique régulière, notamment en charge (marche, course légère, musculation modérée), stimule la santé osseuse et aide à prévenir l’ostéoporose. Évitez le tabac et limitez l’alcool, qui perturbent tous deux l’équilibre calcium-PTH-vitamine D.
En résumé, doser la parathormone par prise de sang permet de comprendre finement votre métabolisme minéral et de dépister des troubles variés, du simple déficit en vitamine D aux maladies parathyroïdiennes nécessitant une chirurgie. Interpréter ce dosage exige toujours de le croiser avec le calcium, le phosphore et la vitamine D, et de tenir compte de votre contexte clinique. En posant les bonnes questions à votre médecin et en suivant les recommandations de suivi, vous gardez la maîtrise de votre santé osseuse et prévenez les complications à long terme.
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