En 2013, l’agence Korleon’Biz embauche son premier salarié. Jusque-là, Julien Jimenez, consultant SEO installé à Lyon, portait seul une structure fondée au début des années 2010. Le site Julien Jimenez retrace un parcours entamé tôt : positionnement de sites sur des requêtes concurrentielles dès 2007, statut de consultant SEO indépendant affiché depuis 2009. Vers 28 ans, il totalisait déjà une douzaine d’années dans le métier, un rythme peu courant dans un secteur où la plupart des profils arrivent par reconversion. Il résume volontiers ce parcours d’une formule simple : il dit n’avoir « connu qu’une seule activité, le web ».
Trois ans après cette première embauche, en 2016, l’agence compte une dizaine de salariés. L’équipe travaille en grande partie à distance et se retrouve lors de séminaires réguliers. Parmi les références clients affichées figurent CuisineAZ et 1001Pharmacies. Dans la communauté SEO, Jimenez reste identifié sous le pseudonyme Korleon, hérité d’un blog de ses débuts, korleon.fr, et de comptes Twitter successifs, @korleon38 puis @KorleonKBiz.
Recruter, un point sensible assumé
Dans une interview donnée à e-works.fr, Julien Jimenez a résumé sans détour la difficulté à laquelle son agence fait face :
« En tant qu’agence, recruter des référenceurs qualifiés devient un vrai défi. »
La phrase n’a rien d’une posture. Le SEO n’a pas de diplôme de référence : personne ne sort d’un cursus calibré pour prendre en main d’emblée un audit technique ou une stratégie de netlinking. Les spécialités affichées par Korleon’Biz, le netlinking en signature, Google Discover, l’audit SEO complet qu’il qualifie de 360, le SEO technique et la stratégie de contenu, s’apprennent sur des dossiers clients réels, pas sur les bancs d’une école. Le SEO technique, par exemple, recouvre autant la vitesse de chargement que l’indexation ou le balisage, des sujets où l’expérience se construit surtout par la pratique.
Miser sur la motivation plutôt que sur le CV
Face à ce constat, la réponse retenue par l’agence consiste à parier sur des juniors motivés plutôt qu’à courir après des profils déjà expérimentés, forcément plus rares et plus disputés. Le processus de recrutement peut aller vite : parfois moins de 24 heures séparent le premier échange avec un candidat de la décision d’embauche. Le pari suppose ensuite d’assumer la formation en interne, sur des compétences que le candidat n’a pas encore, plutôt que d’exiger un bagage complet dès l’entretien. Décider vite sur un profil junior revient à miser sur un potentiel plus que sur un dossier déjà vérifiable, un choix qui reporte sur l’agence, une fois l’embauche faite, l’écart entre la promesse d’un candidat et la réalité du poste.
Cette logique a un revers que Jimenez ne cache pas totalement : elle demande du temps de formation, et un canal comme Google Discover, sur lequel il compte parmi les rares spécialistes français, reste volatil d’un mois à l’autre, ce qui oblige les équipes formées en interne à actualiser leurs repères plus souvent qu’ailleurs.
Former en interne, transmettre en public
La méthode affichée par Korleon’Biz tient en trois temps, audit et stratégie, mise en œuvre, puis croissance mesurée, une trame qui sert aussi de repère aux nouveaux arrivants pour situer leur travail dans le dossier d’un client. Jimenez prolonge cette logique de transmission hors de l’agence : il intervient comme conférencier et formateur dans des événements SEO francophones, par exemple Webisland, le 7 avril 2023 à la Warehouse de Nantes, avec la conférence La ténacité au service de la passion, ou SEO By Night à Orléans, un 13 avril, aux côtés de Romain Miikula pour la séance de questions. Il propose par ailleurs des formations SEO ouvertes au public. Il a aussi été l’invité du podcast SEO de Laurent Bourrelly, consultant SEO historique actif depuis 2004, une reconnaissance par les pairs qui recoupe les recommandations reçues sur LinkedIn.
Sur ce réseau, son profil rassemble 14 recommandations d’experts du secteur, écrites par des pairs plutôt que par des clients. Un chiffre modeste comparé aux plus de 20 000 sites utilisateurs revendiqués par NextLevel.link, la plateforme de netlinking qu’il lance en 2018, mais qui dit autre chose : la réputation d’un formateur se construit un salarié, un stagiaire ou un candidat à la fois.
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